Il y a sur le web, me semble-t-il, deux stratégies de publication qui font sens.

Les rapides à large spectre : il s’agit de publier dans tous les formats possibles, textes, images, son, etc. ; il s’agit de publier souvent ; il s’agit d’éliminer le plus possible les barrières à l’accès au contenu. François Bon, dans la littérature française contemporaine, excelle dans cet exercice.

Les lentes à friction : il s’agit de publier peu (au regard du web en tout cas), de mettre volontairement des obstacles à l’accès, de concentrer son attention sur un seul objet et de former autour de ce contenu un groupe d’affinités étroites.

Ce qui ne serait pas cohérent, ce serait de publier beaucoup et souvent tout en limitant l’accès ; ou de se faire rare tout en cherchant à parler au plus grand monde.

Ce site, nicomo.io, est un projet lent à friction. C’est pour cette raison que les fictions mensuelles ne sont accessibles qu’aux inscrits. Ce n’est pas une question d’argent : s’inscrire est gratuit, lire les nouvelles publiées sur ce site est gratuit. C’est, volontairement, au temps des plateformes, un web artisanal : je vous mitonne un petit plat, je vous le sers à la table. Je sais à qui je sers mes textes, et vous pouvez me répondre : « trop salé », « trop sucré », « j’ai encore faim », « il fait bien chaud chez vous… »

La lettre mensuelle Cuisine est ainsi envoyée elle aussi directement dans la boîte mail des inscrits, même si elle est ensuite accessible à tous sur le site.

Et à la fin de l'année, à la fin de chaque année : un livre.